infoscvLe photojournaliste n’est pas condamné à montrer la souffrance. Il photographie aussi des moments joyeux. Antonin Sabot raconte les coulisses de cette image, réalisée lors d’une partie de pêche à la dynamite chez les indiens Jivaros.




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PARTIE DE PÊCHE À LA DYNAMITE CHEZ LES INDIENS SHUARS (JIVAROS), ÉQUATEUR. Pour réaliser ce cliché à ras de l'eau, le photographe a du réaliser un difficile numéro d'équilibriste : ne pas noyer son boitier, anticiper les déplacements du plongeur et surtout, ne pas se casser la figure dans le torrent.

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Appareil EOS 3
Film Film Fuji Sensia 100 iso
Mode priorité ouverte.
Mesure matricielle
Objectif 17-40mm f4.

Bonus : Antonin Sabot explique son choix de photographier au plus près. »




« Etre sur un pied d’égalité le temps d’une photo ! »

infoscvEdward Linsmier est un photojournaliste américain. Il a travaillé plusieurs années pour une ONG dans les Caraïbes (Haïti, Jamaïque, Porto Rico…). Photographiant au plus près la misère extrême (faim, maladie, catastrophes).



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Vous levez votre appareil photo et c’est comme si vous faisiez un pas en arrière »




EDWARD LINSMIER : On voit cette femme qui a une malformation physique depuis la naissance et qui est obligée de se déplacer de cette manière. Cette image parle de la dureté de son existence. La plupart des gens ne peuvent pas se l’imaginer : la voir ainsi, glisser dans ce paysage rude…



Cette photo n’a pas été facile à prendre. Techniquement oui, mais émotionnellement non. J’ai eu une vision de cette photo avant de déclencher, j’ai regardé cette femme ramper vers moi. Elle a levé la tête et nos regards se sont croisés. J’ai sorti mon appareil et commencé à photographier….



Peut-être était-ce inapproprié ? Avais-je fait tout ce chemin pour faire cette photo d’une femme infirme ? Il a fallu que je m’interroge sur mes propres motivations. Qu’est-ce que je voulais dire avec cette photo ? A titre personnel, ce sont toujours des situations très compliquées à vivre. Mais ce sont ces images, les plus difficiles à faire, qui m’ont fait avancer dans mon propre cheminement de photographe.




« Vous réduisez une personne à un élément de composition »




Quand vous prenez une telle photo, vous réduisez forcément une personne humaine à un élément de composition de votre image. Vous commencez par sympathiser avec elle. Mais lorsque vous armez votre appareil photo, c’est comme si vous faisiez un pas en arrière, comme si vous éleviez un mur entre vous et elle.



C’est évidemment toujours un être humain. Mais dans votre viseur, les gens deviennent pour vous des lignes, des formes, de la lumière. Tout à coup, vous essayez au maximum de faire de leur drame quelque chose d’artistique…



FEMME HANDICAPÉE, RÉGION DES GONAÏVES, HAÏTI (2008). Venu à Haïti avec un journaliste au moment des tempêtes de l'automne dernier, Edward Linsmier a fait cette photo dans un petit village ravagé dans les inondations. Il explique que même dans cette région rurale,et reculée, les gens ne sont pas dupes et savent très bien que le photographe blanc vient ici pour photographier leur situation dramatique.

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Cette photo a été réalisée avec un Leica M6 TTL, et un objectif Carl Zeiss 25 mm. Ouverture f/11. Durée d’exposition : 1/500. Type de fim : Kodak tri-X 400 speed, noir & blanc

Question : faut-il photographier l’extrême souffrance ? (liens) »



  • Un extrait du documentaire « War photographer » où James Nachwey explicite sa démarche de photojournaliste comme un témoignage, une quasi cartographie de la souffrance humaine.



  • Un lien sur l’histoire du photojournaliste Kevin Carter et de sa dramatique image de la famine au Soudan.


  • infoscvAu travers l’expérience à Madagascar de Carl Hocquart pour Reuters (voir sa première photo), l’Oeil du viseur continue de parler de la photo de news. Où le photojournaliste navigue à vue et où beaucoup de ses images se révèlent inutiles.




    MÊME SCÈNE MAIS AVEC UN CADRAGE LÉGÈREMENT DIFFÉRENT »

    SOLDATS À L'ASSAUT DU PALAIS PRÉSIDENTIEL, PÉRIPHÉRIE D'ANTANANARIVO (MADAGASCAR), 17 MARS 2009. Couvrant ces évènements pour Reuters et à ce moment précis, Carl Hocquart ne sait alors pas si cette attaque n'est qu'un feu de paille ou alors la prise du palais présidentiel. Dans le doute, il décide alors de suivre ces soldats, réalisant notamment cette image. Finalement, cette attaque n'aura été qu'une action bravache de soldats un peu avinés.

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    Marque de l’appareil : NIKON CORPORATION
    Modèle de l’appareil : NIKON D700
    Date et heure de la photo : 2009:03:17 16:24:30
    Utilisation du flash : Non
    Distance focale : 24.0mm (équivalence 35mm : 24mm)
    Durée d’exposition : 0.040 s (1/25)
    Ouverture : f/2.8
    Équivalence ISO : 5000
    Balance des blancs : automatique
    Mode de mesure : Spot
    Exposition : priorité ouverture (semi-automatique)

    Question : est-il difficile de gérer l’appréhension dans un contexte qui sort de l’ordinaire ? »




    « On sent les choses ou on ne les sent pas ! »




    infoscvDeuxième image signée William Daniels, extraite de son reportage sur les illusions perdues de la Révolution des Tulipes au Kirghizistan. Il raconte au travers sa propre expérience combien il est difficile de sortir de bonnes images.

    HOMME VIVANT SOUS TERRE. KIRGHIZISTAN. Pour pouvoir réaliser cette image, William Daniels a du se plier à un double exercice. Tout d'abord, aidé de son fixeur, il a du négocier longuement afin que le personnage présent sur cette image accepte d'être photographié. Ensuite, il a réussi à se faire oublier. Même si, raconte William Daniels, la vodka a sans doute aidé à ce que cette personne fasse abstraction de la présence de l'objectif. (www.williamdaniels.net)

    Bonus : pas facile de photographier dans certains pays. »




    « L’image est vue comme quelque chose qui critique, qui fait mal ! »



    infoscvPierre Morel est photojournaliste, lauréat 2007 du Tremplin Photo de l’EMI. Cette image est extraite d’un reportage au moment de la loi Darcos en 2008. Le cadre : un lycée de l’Ain où il étudiait quelques années plus tôt.


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    SCÈNE DE BLOCAGE D'UN LYCÉE AU MOMENT DU VOTE DE LA LOI DARCOS, BELLEY (AIN). Pour ce reportage, le photojournaliste Pierre Morel s'est retrouvé face à un cas d'école. Comment photographier une action lycéenne alors qu'il avait lui-même organisé le même type de mobilisation dans ce même lycée quelques années plus tôt ? Au lieu de la sacro-sainte objectivité, Pierre Morel répond ici honnêté et transparence.

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    Marque de l’appareil : Canon
    Modèle de l’appareil : Canon EOS-1D Mark III
    Date et heure de la photo : 2008:12:15 10:55:58
    Utilisation du flash : Non
    Distance focale : 27.0mm
    Largeur CCD : NaNmm
    Durée d’exposition : 0.0013 s (1/800)
    Ouverture : f/5.0
    Équivalence ISO : 320
    Correction de l’exposition : 0.33
    Balance des blancs : automatique
    Mode de mesure : Matricielle
    Exposition : priorité ouverture (semi-automatique)

    Bonus : intéressante réflexion sur la distance et l’objectivité du photojournaliste »




    « Un reportage photo ne montre pas la réalité, mais un certain point de vue sur cette réalité ! »




    infoscvPourquoi telle photographie finira publiée dans un journal et pas telle autre ? Matthieu Gorisse-Mondoloni, photographe et journaliste aux DNA, raconte les coulisses de cette image réalisée lors d’un reportage à Beyrouth en 2006.




    MÊME SCÈNE, MÊME PHOTOGRAPHE MAIS AUTRE ANGLE (PUBLIÉE DANS LA DÉPÊCHE DU MIDI) »

    LÉGIONNAIRES FRANÇAIS RECONSTRUISANT UN PONT DÉTRUIT PAR L'ARMÉE ISRAÉLIENNE, BANLIEUE DE CHATILA (2006). En construisant son cadrage, Matthieu Gorisse-Mondoloni s'est souvenu des images très graphiques des années 30 représentant les ouvriers américains en train de construire des gratte-ciels. D'une manière plus général, le photographe essaye toujours d'obtenir un équilibre entre la valeur informative de la scène et la dimension esthétique de la photo, qui va la faire sortir de la norme.

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    Marque de l’appareil : Canon
    Modèle de l’appareil : Canon EOS 350D DIGITAL
    Date et heure de la photo : 2006:09:27 15:38:53
    Utilisation du flash : Non
    Distance focale : 10.0mm
    Largeur CCD : NaNmm
    Durée d’exposition : 0.0016 s (1/640)
    Ouverture : f/5.6
    Équivalence ISO : 100
    Balance des blancs : automatique
    Mode de mesure : Matricielle
    Exposition : manuelle
    Mode d’exposition : manuelle

    Débat. La mise en scène forcée d’une situation est-elle du bidonnage ? »




    Non sans avoir hésité, Matthieu Gorisse-Mondoloni a accepté de raconter une scène à laquelle il a assisté lors de ce reportage au Liban : la mise en scène – le bidonnage ? – d’une situation dans le but d’obtenir une photo forte. Précision importante : les images ci-dessous sont celles de Matthieu Gorisse-Mondoloni mais il ne les revendique pas comme photos d’information ; il ne les a évidemment pas proposées à la vente en agence. Il les a simplement gardées pour lui, comme le témoignage d’une situation qui l’a choqué.






    « L’Histoire détournée l’espace de quelques minutes… »



    infoscvAxelle de Russé est photographe indépendante, lauréate en 2007 du Prix Canon de la Femme Photojournaliste. Cette image d’une prostituée à Shenzhen est extraite de son reportage au long cours sur les concubines chinoises .

    PROSTITUÉE DANS UN QUARTIER DE CONCUBINES DE SHENZHEN (SUD DE LA CHINE). Pour arriver à réaliser cette photo qui parait très naturelle, Axelle de Russé a su se faire accepter, puis oublier. C'est d'ailleurs la face cachée du métier de photojournaliste : un travail souvent très long, plusieurs semaines à plusieurs mois, de mise en confiance, de préparation pour pouvoir se créer une fenêtre de prise de vue de parfois seulement quelques secondes.

    Voir les détails techniques de la photo (EXIF) »

    Marque de l’appareil : Canon
    Modèle de l’appareil : Canon EOS 5D
    Utilisation du flash : Non
    Distance focale : 24.0mm
    Largeur CCD : 8.15mm
    Durée d’exposition : 0.050 s (1/20)
    Ouverture : f/2.5
    Équivalence ISO : 800
    Balance des blancs : automatique
    Mode de mesure : Matricielle
    Exposition : manuelle
    Mode d’exposition : manuelle

    Bonus : la gestion – pas toujours évidente – des émotions, depuis la prise de vue jusqu’au retour »



    « Avec le recul, j’arrive à moins me faire bouffer par mes émotions ! »



    infoscvAprès le décryptage de son image de Nicolas Sarkozy sur le terrain, Sébastien Calvet, photographe pour Libération, raconte le making-off de ce cliché des pieds de Ségolène Royal. Et ses conséquences.

    SÉGOLÈNE ROYAL À LA FÊTE DE LA ROSE, FRANGY-EN-BRESSE (71), 2006. Cette photo publiée le lendemain dans le quotidien Libération a provoqué la colère de l'équipe de la candidate de l'époque. Pour Sébastien Calvet, le photographe, le choix des vêtements et des chaussures fait pourtant partie de la communication politique. Et donc, c'est un véritable élément d'information, digne d'être porté à la connaissance du lecteur.

    Voir les détails techniques de la photo (EXIF) »

    Marque de l’appareil : Canon
    Modèle de l’appareil : Canon EOS 5D
    Date et heure de la photo : 2006:08:20 16:24:04
    Utilisation du flash : Non
    Distance focale : 170.0mm
    Largeur CCD : 8.15mm
    Durée d’exposition : 0.0013 s (1/800)
    Ouverture : f/3.2
    Équivalence ISO : 500
    Balance des blancs : automatique
    Mode de mesure : Spot
    Exposition : manuelle
    Mode d’exposition : manuelle

    Bonus : le marketing de la communication pour les nuls. »




    Pourquoi choisir le Figaro plutôt que Libération et inversement…



    Question : fallait-il ou non photographier Nicolas Sarkozy à cheval en Camargue ? »





    Au moment de la campagne présidentielle, l’image de Nicolas Sarkozy en Camargue, suivi par des photographes entassés dans une charrette, a énormément fait de mal à la profession. Alors, fallait-il monter dans cette charrette et accepter de se prêter au jeu du système de communication ? Réponse de Sébastien Calvet (qui n’était pas présent en Camargue) : oui, mais…




    « Nous travaillons dans un système corseté, montrons-le ! »