Au travers l’expérience à Madagascar de Carl Hocquart pour Reuters (voir sa première photo), l’Oeil du viseur continue de parler de la photo de news. Où le photojournaliste navigue à vue et où beaucoup de ses images se révèlent inutiles.
MÊME SCÈNE MAIS AVEC UN CADRAGE LÉGÈREMENT DIFFÉRENT »


SOLDATS À L'ASSAUT DU PALAIS PRÉSIDENTIEL, PÉRIPHÉRIE D'ANTANANARIVO (MADAGASCAR), 17 MARS 2009. Couvrant ces évènements pour Reuters et à ce moment précis, Carl Hocquart ne sait alors pas si cette attaque n'est qu'un feu de paille ou alors la prise du palais présidentiel. Dans le doute, il décide alors de suivre ces soldats, réalisant notamment cette image. Finalement, cette attaque n'aura été qu'une action bravache de soldats un peu avinés.
Voir les détails techniques de la photo de gauche (EXIF) »
Marque de l’appareil : NIKON CORPORATION
Modèle de l’appareil : NIKON D700
Date et heure de la photo : 2009:03:17 16:24:30
Utilisation du flash : Non
Distance focale : 24.0mm (équivalence 35mm : 24mm)
Durée d’exposition : 0.040 s (1/25)
Ouverture : f/2.8
Équivalence ISO : 5000
Balance des blancs : automatique
Mode de mesure : Spot
Exposition : priorité ouverture (semi-automatique)
Question : est-il difficile de gérer l’appréhension dans un contexte qui sort de l’ordinaire ? »
« On sent les choses ou on ne les sent pas ! »



J’ai eu le plaisir de discuter avec Carl ces jours ci qui dit souvent qu’il y a « ceux qui vont sur le terrain et ceux qui n’y vont pas ». Avec ces images, Carl montre bien l’implication physique et personnel du photographe dans l’histoire qu’il écrit. Je suis ravi de voir que ce bonhomme à la tête sur les épaules et arrive à prendre du recul sur une histoire brulante. A l’heure où l’on débat beaucoup de journalisme web, il est bon de rappeler que la photographie d’information ça se passe avant tout sur le terrain et pas derrière son ordinateur. Merci pour ce partage.
.
L’image est forte c’est certain, la légende y est pour beaucoup, encore une fois.
Il y a des photographes du web ? Genre « je suis derrière mon ordi et je balance les photos des autres » …?
A la différence du journalisme, qui peut être d’analyse et donc qui n’a pas toujours besoin d’aller voir ce qu’il se passe dehors, le photographe ne fait que de la prise de vue d’éléments réels. (On parle de photo pas d’image de synthèse, ok!).
Celui qui se dit photographe et qui ne va pas sur le terrain il ramène quoi ? des photos de son intention ? Je cogite encore…
Tout ça pour dire, oui il y a ceux qui vont sur le terrain et les autres
Mais que font les autres ?
ils laissent des commentaires…;-)
Merci Pierre pour ton commentaire. Mais mon propos, pourrait laisser croire que les journalistes ne veulent plus aller sur le terrain. Ce que je ne pense pas du tout. Pour une bonne part ils y vont encore. Seulement, pour des raisons et des choix financiers toujours contestables, les rédactions hésitent à les envoyer. Et cela, conjugué au développement des nouvelles technologies de communication, a pour conséquence progressive le confinement des journalistes ultra et multi-connectés dans les bureaux où l’on convoque le réel d’un coup de clic. Je sais l’image est excessive… et Sandro, je comprends ta perplexité, mais sache que je ne remets absolument pas en cause ceux qui, devant l’ordinateur mettent en forme l’information et qui est aussi le coeur du métier : lier, articuler des faits entre eux. Mais encore une fois, et là je parle de mon expérience de journaliste rédacteur en PQR (pourtant type de presse plus épargnée que les nationaux en raison son ancrage local) et de témoignages de collègues plus âgés : le temps passé à l’extérieur est de plus en plus réduit.
Aussi j’espère seulement qu’être à l’extérieur, et s’y perdre à l’occasion, ne deviendra pas un luxe désuet.
Ca existe « bravage » ? Une action bravache, peut-être, ou de bravade ?
Sinon, toujours pas d’infos sur les optiques ?
Et à par ces critiques très constructives, merci, c’est toujours aussi bien d’écouter les photographes parler « à côté » de leurs images.
Vincent, l’objectif utilisé ici est un 24 mm f/2,8 Nikon.
Excuse moi Pierre mais je trouve ton commentaire un peu caricatural. Je te donne mon point de vue en toute amitié. A mon sens la presse ne se divise pas entre les photographes sur le terrain et les autres journalistes derrière leur ordinateurs à l’heure du journalisme web comme tu dis.
Un magazine ou un site web d’infos est une chaîne de compétences où chacun est indispensable. Le photographe, le rédacteur, l’éditeur, etc. Le terrain est certes indispensable mais prendre du recul par rapport à ce terrain est important aussi. Un papier sur le vif se marie très bien avec une analyse plus posée, tu ne crois pas ? Le danger, et là je rejoins ta critique, c’est la standardisation de l’info (en gros le journalisme à la Alain Weill). La même info qui tourne en circuit fermé où on regarde le monde de sa petite fenêtre parisienne.
Les photographes ne sont pas les seuls à vouloir bien faire leur métier
Merci Carl. Je ne sais pas si je suis le seul que ça intéresse, mais je suis intrigué entre autres choses moins triviales, par le matériel que le photographe embarque avec lui.
+1 pour Vincentdcom.
Très intéressante la partie où tu expliques que sur le terrain on n’a pas le temps de théoriser, on est dans l’histoire…
Encore une fois bravo donc !!
@sebi > Mon propos se voulait volontairement caricatural, ne t’en fais pas
. C’était pour susciter un peu le débat et bien sur tout n’est pas blanc ou noir mais il est vrai que la tendance actuel amène les photojournalistes à être moins souvent sur le terrain ou moins longtemps.