Sébastien Calvet couvre l’actualité politique depuis 2001, notamment pour Libération. Il raconte ici mais aussi sur son blog Images du quotidien comment le photographe doit se créer son propre espace de liberté face à une logique de communication.


NICOLAS SARKOZY INAUGURE UN PÔLE EMPLOI À MÂCON. Le déplacement des photographes se fait en parallèle. Durant le voyage, les services de communication les briefent. Ils reçoivent un déroulé de la journée heure par heure et surtout connaissent leur place dans les pools. Un même photographe ne pourra donc pas photographier l'ensemble du déplacement du Président comme il le souhaite.
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Marque de l’appareil : Canon
Modèle de l’appareil : Canon EOS 5D
Date et heure de la photo : 2007:10:08 16:03:17
Utilisation du flash : Non
Distance focale : 28.0mm
Largeur CCD : 8.15mm
Durée d’exposition : 0.0008 s (1/1250)
Ouverture : f/5.0
Équivalence ISO : 500
Balance des blancs : automatique
Mode de mesure : Spot
Exposition : manuelle
Mode d’exposition : manuelle
Bonus : Sébastien Calvet raconte sa conception de la photographie politique. »
« Comprendre la logique de communication pour mieux la détourner »



Ce qui me frappe dans cette photo c’est comment un peuple peut être fasciné par son « leader ». Qui lui même, par stratégie de communication, joue une proximité feinte. Les regards ici ne trompent pas : la femme rayonne de joie ; Sarko, lui, se dit « ça y est j’ai mon image médiatique du jour ». Non?
@Sébi
ici, il me semble que cette photo démonte justement, par ce contraste des regards, cette mise en scène voulue par la communication politique.Je ne suis pas sur qu’en voyant cette photo publiée dans Libé, Sarkozy se doit dit : « C’est l’image idéale »…
Mais est ce que l’intention originelle du photographe est-elle comprise ? En gros, le lecteur voit cette photo et se dit peut-être : « Mince alors, Sarkozy avec ce bébé, c’est vraiment un mec proche des gens, à leur écoute » (et ça rejoint ta remarque sur la fascination pour le « leader »)
Je vais poser la question au photographe…
Elle est superbe cette photo ! Arriver à exprimer quelque chose malgré le controle très pro des services de com. Je trouve ça super ! Ca me rappelle les documentaires de Krzysztof Kieslowski: il n’y critiquait pas le régime polonais, il se contentait juste de montrer.. une opération dans un hopital, un commissariat, une usine, et ça suffisait. Juste montrer la réalité polonaise, ça passait la censure, et ça montrait déjà beaucoup. Toutes proportions gardées, cette photo elle montre beaucoup. Et je pense qu’elle ne doit pas du tout etre facile à faire, il doit falloir avoir de la tenacité, de la chance, et du talent. Bravo !
Cheers,
Christophe.
= La photographie, c’est la vérité et le cinéma, =
= c’est vingt-quatre fois la vérité par seconde… =
= — Jean-Luc Godard =
pour tenter de répondre à l’interrogation de sebi, je crois chacun de nous à sa conception de « l’image idéale »..
pour sarko à ce moment là, je crois qu’il ne pense à rien…cela va trop vite et il fait cela de manière automatique.
pour les personnes concernés par l’image de ce moment là (c’est a dire la femme avec le bébé, celui qui prend la photo souvenir pour elle) c’est une forme d’image idéale parce qu’elle est la preuve, le document d’un moment exceptionnel pour eux..l’image faite n’est pas pour eux exceptionnelle en soi, c’est l’instant qu’elle leur rappelle.
pour le communicant, effectivement ce n’est pas une mauvaise chose d’avoir une image spontanée avec un élément comme un bébé dans les bras qui adoucit le personnage médiatique qu’est devenu sarkozy.
pour resumer , nous avons chacun une lecture differente de l’image car nous nous y impliquons de maniere differente. a chaque fois que nous lisons une image nous le faisons avec des filtres inconscient qui sont l’education, lesz choix politiques, les experiences passées, les images déjà vues.etc…etc…
pour ma part j’essaie ici de saisir le moment où ça bascule. la femme, les gens sont projetés inconsciemment vers l’homme politique qui, lui, est déjà passé à autre chose..
Je n’ai jamais confié mon vote à Sarko, alors je ne lui confierai certainement pas mon enfant
100% d’accord avec The Célinette.
Merci pour ces éclaircissements quant au contexte et au choix de l’image.
C’est très didactique et formateur.
Bravo pour ce blog.
[...] le décryptage de son image de Nicolas Sarkozy sur le terrain, Sébastien Calvet, photographe pour Libération, raconte le making-off de ce [...]
Moi ce qui m’amuse (hormis la partie photographique) c’est de faire le paralèlle entre l’approche du photographe et celle des personnes ayant laissé un commentaire.
Dans celle du photographe, je vois essentiellement le besoin de capturer un moment spécifique, qu’il s’est imaginé à postériori ou qu’il ressens au moment présent et souhaite exprimer dans sa photo.
Et dans l’autre (celle des commentateurs donc) toute la partie travail photographique et journalistique est complètement effacée pour aller directement à l’interprétation pur et dure. Laquelle étant bien évidemment fortement influencée par les orientations politiques, culturelles, etc. Les fameux filtres…
Dommage de politiser ce très intéressant travail de photographe/journaliste je trouve (du moins dans ce blog).
@Fred
N’exagérez-pas non plus… A part un commentaire « tranché », les commentateurs expriment et justifient dans cette note leur ressenti de cette photo avec de la nuance…
Sous la photo de Ségolène Royal, on a eu droit à un plus radical « Elle a des pieds de mémé »
http://oeilduviseur.espritblog.com/index.php/2009/06/25/segoleneroyal/
Mais ça pose la question d’une manière plus générale, et vous avez sans doute raison de le souligner, du possible décalage entre les intentions du photographe et la « réception » de la photo par un spectateur-lecteur…
C’est sans doute cela également aussi le plus intéressant… A creuser !
Jean (oeilduviseur.com)
@Jean,
Ce rapport entre les intentions du photographe et la vision spectateur était exactement mon propos. En tous cas, la démarche de ce blog est très instructive et intéressante.
Merci à vous !